Google : vrai ou fausse gratuité?

J’ai eu envie d’approfondir le modèle économique de Google qualogo googlend j’ai découvert qu’Alphabet, la maison mère de Google, était devenue la troisième capitalisation boursière mondiale. Je savais l’entreprise profitable mais pas à ce point…

Comment Google a écrasé ses concurrents

Google était un retardataire relatif sur le marché, mais en misant sur la gratuité et un autre modèle économique, il a écrasé la concurrence. Les utilisateurs – et moi la première- ont été heureux d’utiliser gratuitement ses outils, tant que tout ce qui lui est demandé était de donner à quelqu’un l’accès à ses informations, en appuyant sur le bouton « J’accepte ».

Les principaux moteurs de recherche concurrents de Google sont aujourd’hui le chinois Baidu, le russe Yandex, Bing de la moteur de recherche de microsoft qui domine essentiellement en Corée du Sud, Yahoo! au Japon, Seznam en république tchèque et Qwant, qui est français (Cocorico!).

D’où vient l’argent de Google?

Mais d’où vient l’argent de Google ? L’entreprise gagne réellement de l’argent ? Et bien oui, en 2017, le chiffre d’affaire de Google a dépassé les 90 milliards de dollars et son bénéfice a été de 20 milliards. Ca donne le tournis…

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Source : Évolution du chiffre d’affaire d’Alphabet de 2001 à 2016, http://www.statista.com/statistics/266249/advertising-revenue-of-google /

Google est devenu en quelques années le plus grand réseau de publicité en ligne au monde. Si l’utilisation de ses produits est gratuite pour nous, les internautes, son modèle économique   consiste à gagner de l’argent via la publicité. Plus Google affiche d’annonces pour les internautes, et plus il gagne d’argent de la part des annonceurs.

Comment Google perçoit des revenus ? de adwords, bien sûr…

Google tire la majeure partie de ses revenus du service « AdWords ». Adwords permet aux entreprises de promouvoir leurs biens ou services à l’aide d’annonces Google de publicité en ligne . L’algorithme de Google permet aux annonceurs de toucher les utilisateurs qui ont montré, à travers les mots qu’ils utilisent sur les plateformes de Google, qu’ils sont susceptibles d’être intéressés par les produits de l’entreprise. C’est pourquoi sur un téléphone Android, Google vous incite à vous connecter via le navigateur Chrome et ses plates-formes.

Les annonceurs ne peuvent pas acheter directement leur espace publicitaire auprès de Google ; ils doivent suivre un processus d’enchères défini par AdWords.  L’algorithme d’AdWords analyse la popularité d’un mot clés et le niveau d’étroitesse du public cible pour proposer un prix. Les mots clés ayant un volume de recherche et une popularité plus élevés ont un prix plus élevé.

Comment Google diffuse t -il ses annonces publicitaires ?

Les annonces Google sont régulièrement diffusées sur les résultats du moteur de recherche, mais surtout sur tous les sites Web qui utilisent AdSense. Ad sense est un service de Google qui permet aux webmasters de monétiser leur contenu, en affichant des annonces Google : Google partage avec eux un pourcentage des revenus publicitaires générés par leur site Web.

Mais on en pense quoi en tant que consommateur?

J’avoue être personnellement une utilisatrice des services deGoogle  (Gmail, Google Docs, Chrome, Blogger…). Pendant longtemps, cela ne m’a posé aucun problème car j’avais le sentiment que je n’ai rien à cacher. Aujourd’hui, je suis plus circonspecte, j’ai pris conscience que Google a une image très complète de mes préférences.

Je n’ai pas substitué tous les services Google car je préfère utiliser certains services comme Gmail que le modèle d’avant où il fallait payer des fournisseurs comme AOL pour l’utilisation du courrier électronique et d’autres services en ligne.

Mais j’utilise Qwant. Qwant – dont les serveurs sont tous localisés en France – n’utilise aucun cookies et ne conserve aucune trace numérique (numéro d’IP des internautes). Pour gagner de l’argent, Qwant utilise la méthode classique du paiement au clic, « comme Google jusqu’en 2009 ». Il a passé un accord avec la plate-forme d’affiliation Zanox, qui le met en relation avec un grand nombre de sites marchands : « A chaque fois qu’un visiteur clique sur un lien vers un site de vente, nous gagnons entre 40 et 80 centimes. » Et ca marche Qwant est rentable.

Et en tant que citoyen.ne?

Sur les plus de 70 000 personnes employés par Google dans le monde entier en 2017, seulement 700 personnes sont localisées en France (moins de 1%) – ils sont 7000 en Angleterre, 2000 en Suisse. Donc cette richesse générée par Google nous rapporte peu d’emplois.

Concrètement, cela veut dire que l’argent généré par la publicité pour des produits vendus en France est actuellement capté par Google et ses actionnaires américains. En tant qu’investisseur, vous pouvez d’ailleurs investir dans des actions google sur les marchés américains pour capter un peu de cette richesse.

En revanche, là où cela pose un vrai problème, c’est sur l’impôt. Les mécanismes d’évasion fiscale des GAFA (Google , Apple, facebook et Amazon) sont bien connus: Google facture ses services depuis l’Irlande où le taux d’imposition est particulièrement faible : moins de 5 % d’impôt. Donc c’est autant d’argent en moins pour l’Etat français pour payer des professeurs, des écoles, des aides sociales… et , cela est un vrai problème.

On peut faire quoi?

Si on est soucieux du respect de sa vie privée, on peut choisir de moins utiliser Google, des alternatives existent: Qwant, Duck Duck go

Il existe aussi des alternatives européennes à Google Adwords: Orange propose une régie orangeadvertising.

Concernant le sujet de l’impôt, il faut espérer que l’Etat français, et surtout l’Union européenne, finiront par arriver à capter une partie de cette richesse et éviter qu’elle reparte intégralement aux Etats Unis.

L’Etat français a perdu la première manche: alors que Bercy réclamait à Alphabet plus d’un milliards d’euros, le tribunal administratif a donné en 2017 raison au groupe californien qui affirmait ne pas avoir à déclarer ses bénéfices en France puisqu’il vend de la publicité sur le marché français via sa filiale irlandaise Google Ireland Limited.

On sent bien que seule la Commission européenne a la force de frappe suffisante face à de telles multinationales. Elle a infligé en juin 2017 une amende record de 2,4 milliards d’euros à la multinationale américaine pour avoir abusé de sa position dominante dans la recherche en ligne afin de favoriser son comparateur de prix «Google Shopping». Elle a infligé une amende de 4,3 milliards d’euros en 2018, un montant jamais atteint en Europe, pour avoir fait d’Android son cheval de Troie dans l’internet mobile.

Et vous qu’en pensez vous? Utilisez vous encore les services de Google?

Pour aller plus loin, je vous conseille la lecture de cet article d’Usbek et Rica: faut il démanteler Google?

 

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