Framasoft ou l’AMAP des logiciels libres

Une alternative dans le domaine du logiciel libre aux services offerts par les GAFALogiciels libres

Je vous ai parlé dans un précédent article des partenariats des GAFA avec les services publics français et ça fait froid dans le dos. Pourtant, des alternatives existent…

Framasoft est un réseau d’éducation populaire, issu du monde éducatif, qui s’est constitué en association en 2004. Son premier objectif était de créer un annuaire dédié aux logiciels libres.

Aujourd’hui ses projets portent sur : les logiciels libres, la culture libre, les services libres en ligne. Framasoft veut lever un coin de voile sur la pratique des GAFA, et montrer qu’une alternative est possible. Il défend une « société de contribution » « On ne peut pas empêcher les Gafam d’être hégémoniques. Mais on peut créer un nouveau continent où cette hégémonie n’a pas lieu, où ceux qui le souhaitent peuvent venir construire quelque chose et voir où cela nous mène… »

Framasoft se conçoit comme une AMAP du logiciel libre, « de petits artisans bio au milieu des industriels ». Son objectif est de rester sur une taille raisonnable, et de garder une proximité entre le producteur et les utilisateurs. Ils ne souhaitent pas « industrialiser » les processus car cette industrialisation, justement, génère des effets de bords négatifs pour la vie privée de nos utilisateurs. Son modèle économique repose presque exclusivement sur le don.

Pas question pour Framasoft de devenir le prochain Google, : « Nous ne voulons pas remplacer Google. Google touche des milliards de personnes. Il serait illusoire de croire qu’on peut atteindre la même proportion du public. Ce serait même contre-productif. On veut avant tout toucher un public qui nous connait, qui est sensibilité à ces questions, ces problématiques de respect ».

Un label de confiance pour identifier les hébergeurs de services en ligne libres et alternatifs (C.H.A.T.O.N.S.  )

Un internet social et solidaire passera par une diversité d’acteurs indépendants proposant des services web libres, éthiques et respectueux de vos données, décentralisés et solidaires.

Le Collectif d’Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires (C.H.A.T.O.N.S.  ) vise à identifier rassembler les organisations souhaitant proposer des services alternatifs à ceux de GAFAM, respectueux de la vie privée des utilisateurs. Ce collectif permet de donner de la visibilité aux nombreux hébergeurs de logiciels libres et alternatifs, et de faciliter l’essaimage.

Un CHATON s’engage à ne déporter aucun traitement ou même stockage des données. Ainsi par exemple il n’a pas le droit de stocker une partie des informations dans les Web Services d’Amazon. Cette condition limite également l’utilisation qui peut être faite de la publicité, en court-circuitant les régies. Le prestataire peut mettre de la publicité, mais il doit en gérer le contenu avec la structure dont il fait la promotion, toujours dans un souci de traitement des données.

Globalement, un CHATON doit avoir le contrôle de son infrastructure. La transparence doit être totale : il doit indiquer quel prestataire il utilise pour l’hébergement physique des serveurs, produire de la documentation sur l’infrastructure et les services, indiquer quels composants logiciels sont utilisés, communiquer de manière transparente sur ses services et tarifs, afficher de manière visible ses conditions d’utilisation, informer de sa politique de sécurité… En d’autres termes, l’utilisateur ou client ne doit avoir aucune mauvaise surprise.

L’objectif de Framasoft est en effet créer un label de confiance. Si l’association s’aperçoit que le prestataire ne respecte pas les conditions, le label lui sera retiré et sa mise en avant ne sera plus assurée.

Les logiciels libres de Colibri

Depuis 2016, Colibris, qui participe aux C.H.A.T.O.N. a développé des outils libres et un parcours en ligne pour les découvrir:

  • Des pads pour écrire des documents à plusieurs simultanément – alternative aux google doc
  • un outil pour faire des visio-conférences en petit groupe – alternative à skype ;
  • un outil de prise de décision, pour choisir une date ou réaliser un sondage personnalisé;
  • un outil de tchat en équipe, pour éviter l’abondance de mails;
  • une Ferme à Wiki, où chacun peut créer un site collaboratif pour son projet.

Les alternatives libres sont moins belles, moins ergonomiques… que leurs équivalents. Mais plus il y aura de contributeurs compétents et motivés par le bien commun, plus cela s’améliorera. Ce n’est qu’une question de temps..

Les logiciels libres amènent également toute une démarche aux antipodes d’un consumérisme passif, qui peut amener à parler des communs, d’économie collaborative, et plus largement d’une autre manière de voir les échanges.

L’Etat reférence aussi un certains nombres de logiciels libres: le lien est ici pour 2018.

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